M6 n’est plus à vendre, l’action en bourse chute

L’allemand Bertelsmann a renoncé à la cession de sa participation de 48,3 % au capital de la chaîne. Il avait pourtant reçu plusieurs offres dont trois qui se démarquaient : celle de Stéphane Courbit (Banijay) avec Marc Ladreit de Lacharrière (Fimalac, Webedia) et Rodolphe Saadé (CMA-CGM, La Provence), celle du tchèque Daniel Kretinsky (notamment actionnaire minoritaire du groupe Le Monde) ou encore celle de Xavier Niel, allié à la famille Berlusconi (MediaForEurope).

Un revirement dû à un timing trop serré

Le PDG de Bertelsman a expliqué le revirement du groupe du fait de «risques légaux et des incertitudes », notamment en matière d’autorisation de la vente de la part des différentes autorités de régulation et de la concurrence, et ce, malgré des offres jugées « attractives ».

Selon le groupe allemand, le timing aurait été trop serré. Rappelons en effet que l’autorisation de diffusion de M6 sur la TNT doit être renouvelée en mai 2023 par le régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom. Après cette échéance, tout éventuel changement de contrôle de la fréquence est strictement impossible pendant cinq ans, comme le prévoit la loi.

De fait, Bertelsman garde sa participation de contrôle pendant cinq ans supplémentaires. Pourtant, cette opération constituait la dernière étape avant une autre de plus grande envergure : la fusion potentielle en Allemagne de RTL Group et ProSiebenSat.1. Le groupe reste malgré tout convaincu que « la consolidation du marché est nécessaire pour concurrencer les plateformes technologiques mondiales – et que la consolidation du marché se produira tôt ou tard sur les marchés européens de la télévision, [dans laquelle] le groupe M6 jouera un rôle clé » en France.

La conséquence du retrait de la vente de M6 : l’action en bourse chute brutalement

Suite à l’annonce du groupe allemand Bertelsmann, le titre de M6 a enregistré l’une de ses plus importantes chutes en bourse. En effet, le titre a plongé de 8,67 % à 11,37 euros à la Bourse de Paris.

« M6 va de toute façon devoir se remettre en mouvement », a déclaré l’expert des médias Philippe Bailly à l’AFP. Parmi les sujets mis entre parenthèses au cours des derniers mois, Nicolas de Tavernost, le patron de la chaîne, va devoir traiter le développement de la production audiovisuelle face à l’essor des concurrents en Europe mais aussi le développement du streaming gratuit.

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