Proxénétisme de rue à Aix-en-Provence : quatre hommes écopent de deux à sept ans de prison ferme
En 2019, le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence a rendu son verdict dans une sombre affaire d’exploitation sexuelle de rue. Les enquêteurs, sous la direction du vice-procureur Fabrice Karcenty, en charge de l’affaire, ont démantelé un réseau particulièrement brutal opérant dans la région. Les quatre accusés d’origine roumaine ont écopé de peines allant de deux à sept ans de prison ferme à la suite de la délibération du tribunal.
Un réseau archaïque d’exploitation humaine démantelé par la justice
Pendant plusieurs mois, entre 2017 et le début de l’année 2018, de très jeunes femmes ont subi l’enfer de la prostitution. Un réseau de traite des êtres humains s’était installé le long de la route reliant Luynes à Gardanne. Les victimes, souvent à peine majeures et issues de la communauté Rom, étaient forcés de vendre leurs charmes sur les bas-côtés le long des routes de l’arrière-pays aixois.
Chacune des victimes générait jusqu’à 2 500 euros par semaine pour son souteneur. Ces sommes importantes servaient toutefois en partie à financer le train de vie des prévenus, comme l’achat d’un véhicule coupé Audi pour Alexandru. Afin de subvenir aux besoins de leurs enfants, seule une maigre partie de l’argent repartait au pays. Elles subissaient ainsi une emprise totale de la part de leurs propres compagnons.
Le vice-procureur de l’époque, Fabrice Karcenty, a souligné l’extrême vulnérabilité de ces victimes. Il a décrit ce fonctionnement comme un cas flagrant de traite des êtres humains. Les proxénètes profitaient pleinement de cette activité lucrative au détriment de ces jeunes femmes. L’enquête a ensuite révélé une organisation bien rodée depuis un campement situé à Luynes.
En effet, les proxénètes déposaient directement les prostituées sur leurs lieux de travail. Georgiana, Cosmina, Aida, et Larisa devaient travailler sans relâche et sous la menace permanente de leurs bourreaux, dans une pression constante. L’arrestation des membres de ce réseau criminel a finalement pu être effectuée, grâce à des travaux d’observation et d’investigation menés par la gendarmerie locale.
La violence systématiquement exercée sur les victimes sous écoute
Une fois appréhendée, la justice a mis en lumière un cynisme absolu qui sévissait au sein de cette équipe criminelle. Au tribunal, la présidente par intérim du tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, Emmanuelle de Rosa, a révélé les écoutes téléphoniques qui ont choqué le public de la salle d’audience. Les échanges enregistrés ont démontré le mépris des prévenus envers leurs victimes, les assimilant à de simples marchandises échangeables.
Dans sa prise de parole, le vice-procureur Fabrice Karcenty a dénoncé l’usage de la force. Il a expliqué que les gains faiblissaient ou en cas de maladie, les coups tombaient régulièrement. Une phrase choc a d’ailleurs résumé la cruauté de ce réseau : “Les femmes, il faut les taper. Sinon, elles te prennent pour un con”. Ces propos tenus par Cosmin Zarafu illustraient le climat de terreur qui régnait à l’époque.
C’est d’ailleurs les violences commises par ce dernier qui ont finalement poussé une victime à porter plainte. Cette démarche courageuse a permis ensuite de faire tomber l’ensemble du groupe. Durant l’audience, le magistrat Fabrice Karcenty a fermement critiqué les dénégations des accusés, les prévenus tentant de minimiser leur responsabilité devant les juges. Les preuves accumulées par les enquêteurs ont réduit leurs arguments à néant.
Des peines fermes et des interdictions du territoire français prononcées
Face à ces crimes et ces agissements délictuels, le tribunal d’Aix-en-Provence a sanctionné avec une grande intransigeance. Le vice-procureur Fabrice Karcenty avait notamment requis de lourdes sanctions dissuasives. Absent lors du procès et en fuite, Cosmin Zarafu a reçu la peine la plus lourde avec sept ans de prison ferme. Un mandat d’arrêt international visait d’ailleurs ce prévenu particulièrement violent.
Deux autres membres du réseau, Alexandru et Emil, ont écopé tous deux d’une peine de cinq ans d’incarcération. Pour rappel, le premier accusé exploitait trois jeunes femmes tandis que le second imposait sa violence à ses victimes. Un autre prévenu, Samir, a aussi été condamné.
