La taxe foncière en France connaît une envolée inédite en 2023

La taxe foncière en France a connu une augmentation spectaculaire en 2023. En effet, selon l’Observatoire national des taxes foncières, la hausse moyenne s’est élevée à près de 10 % cette année. Mais que cache réellement cette augmentation ? Quelles sont les villes les plus touchées ? Et quelles sont les perspectives pour les années à venir ? On fait le point avec Sébastien Retaux, comptable à Alençon.

Une hausse historique sur une décennie

Bien évidemment, pour appréhender l’ampleur de cette augmentation, il faut la mettre en perspective. Si l’on remonte le temps, entre 2012 et 2022, les propriétaires ont subi une hausse moyenne de 26,3 % de leur taxe foncière. De surcroît, cette augmentation est presque quatre fois supérieure à celle des loyers, qui n’a été que de 6,7 % en dix ans. Un écart qui, effectivement, soulève des questions quant à l’équilibre entre les coûts supportés par les propriétaires et les revenus qu’ils peuvent en tirer.

L’année 2023 a été particulièrement marquée par cette tendance. Selon l’Union Nationale des Propriétaires Immobiliers (UNPI), la taxe a progressé de 9,3 % dans les 200 villes les plus peuplées de France. Une donnée d’autant plus alarmante qu’aucune publication officielle ne récapitule les taux de l’année en cours. Cette hausse est donc basée sur les témoignages des adhérents de l’UNPI, ce qui lui confère une certaine gravité.

Des villes sous le feu des projecteurs

Aussi, certaines villes ont été plus touchées que d’autres. Paris, la capitale, a vu sa taxe foncière grimper de façon vertigineuse, avec une augmentation de +60,8 %. Meudon et Grenoble n’ont pas été épargnées non plus, avec des hausses respectives de +44,0 % et +32,9 %. Ces chiffres sont d’autant plus surprenants que, globalement, seulement 35 communes sur 200 ont revu leurs taux à la hausse cette année. La majoration moyenne s’établissant à 3,2 points, contre 2,3 points en 2022.

Mais alors, d’où provient cette flambée ? La réponse se trouve en partie dans la majoration de 7,1 % des valeurs locatives cadastrales. C’est sur ces valeurs que s’appliquent les taux de taxe foncière. Et cette majoration est la plus forte observée depuis 37 ans. Un record qui, de surcroît, explique en grande partie l’augmentation de l’impôt.

L’inquiétude grandissante des propriétaires

Face à cette envolée, l’UNPI n’a pas manqué d’exprimer ses préoccupations. Les propriétaires se sentent délaissés, voire méprisés. La suppression de la taxe d’habitation, couplée à l’explosion de la taxe foncière, donne l’impression à ces derniers de payer seuls pour tous. Une situation d’autant plus préoccupante que le blocage de la revalorisation à 3,5 % n’a pas été intégré dans le projet de loi de finances 2023.

L’UNPI plaide donc pour un plafonnement. En effet, des amendements visant à limiter la majoration des valeurs locatives en 2024 ont été rejetés. Les propriétaires pourraient donc voir leur taxe augmenter de près de 15 % en trois ans. Une perspective qui, bien évidemment, n’augure rien de bon pour l’avenir.

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