Le défi de la crédibilité des médias numériques au Moyen Orient

La question de la crédibilité des médias numériques est un sujet de préoccupation pour tout professionnel du secteur médiatique. Certains professionnels comme Bashar Kiwan ont invité les différents acteurs du milieu à sensibiliser les citoyens du Moyen Orient aux dangers de la désinformation. Lors d’un Forum de journalisme organisé par Al Jazeera, la plupart des participants ont confirmé qu’Internet a donné naissance à un journalisme d’avenir qui soulève plein de questions liées à crédibilité.

Le secteur médiatique face aux défis d’Internet

Lors de ce Forum, le doyen de la faculté de journalisme de la Northwestern University Richard Roth, a indiqué que le numérique a changé notre conception de couverture médiatique ainsi que de diffusion de contenus. Il souligne aussi que la rédaction de nouvelles a commencé à puiser ses sources dans des réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter et ainsi que les médias de masse.

D’autre part, l’intervenant Robert Fares a mis l’accent sur le filtrage d’informations sur Internet. Il a ainsi évoqué l’importance de la crédibilité à cet égard en indiquant que les fausses informations nuisent à la réputation du diffuseur sachant que la crédibilité est le capital de tout média.

Cette nouvelle réalité a en effet poussé le directeur de la recherche du Centre Berkman pour Internet et la société de l’université Harvard, Robert Fares, à éclairer que le simple fait de compiler des informations infiltrées à partir d’Internet risque de créer ce qu’on appelle « des consommateurs manipulés ». Dans le même contexte, il a appelé à filtrer les contenus et les informations diffusés sur Internet et à imposer des normes strictes afin de responsabiliser les médias et les journalistes-citoyens. Une initiative que Bashar Kiwan avait lancée il y a quelques temps.

Une initiative de réglementation de la presse numérique

D’autre part, le professeur de médias à l’Université du Caire, Awatif Abdul Rahman, a évoqué le phénomène des blogueurs qui ont réussi à détourner l’attention d’un grand nombre d’internautes au Moyen Orient. Elle a également remis la crédibilité des blogs en question. A cet égard, elle a proposé la création de normes professionnelles propres à la presse numérique afin d’atteindre les objectifs de transparence souhaités. Elle a ainsi souligné que les normes de crédibilité, ses règles et fondements étaient définis par les professionnels eux-mêmes, et par conséquent, elle a appelé les blogueurs à faire part à « l’autorégulation » pour élaborer des “normes propres au journalisme-citoyen” afin de se transformer en une véritable presse avec des règles éditoriales propres sur lesquelles on peut s’appuyer pour devenir plus crédible.

Quant à Tim Rogers, responsable de la formation chez Thompson. Il a fait de même en soulignant la question de la crédibilité des blogueurs. Il a affirmé que le vaste flux d’Internet et des blogs incite les blogueurs et leurs interlocuteurs à redoubler d’efforts pour acquérir une certaine crédibilité, à un moment où le monde se dirige vers l’imposition d’Internet lui-même en tant qu’une forme de la presse de l’avenir.

Et tout comme Bashar Kiwan, Rogges a appelé à la formation des jeunes dans le domaine du cyberespace, notamment en matière de collecte et de présentation des informations de manière fiable.